Ultrachampsaur 2010
A j-2 je me posais la question sur ma possibilité de courir ce trail, et bien cette question était toujours valable la veille au soir lors du repas que nous avons partagé avec les kikous au restaurant la CHAMOIS à ANCELLE (05).
Donc c'est sa réponse arrêtée que je me suis couché bine déterminé à me décider le matin même !!!
Réveil à 4h30 afin de de pouvoir récupérer les TARCHAUD dans le même camping que nous pour partir en direction d'ORCIERES.
Pendant le trajet, nous avons déjà pu prendre conscience de la beauté des paysages mais aussi de la difficulté qu'ils représentaient. En fait le seul plat se trouve dans les vallées ....
Nous sommes arrivés sur place vers 5h40 puisque le départ était annoncé pour 6h et comme nous avions retiré nos dossards la veille, nous n'étions pas pressés.
Je finis de me préparer et dans ma tête je décide de prendre le départ pour au moins arrivé à PONT DE FOSSE où est donné à 9h le départ du parcours 37 km.
Direction les toilettes qui sont prises d'assaut par un grand nombre de coureurs qui comme moi sont un peu stressé devant l'ampleur de la tâche qui nous attend.
Bon au final nous sommes 129 coureurs à prendre le départ et c'est dans une ambiance feutrée qu'à 6h10 est donné le départ par Mr le Maire.
Après au moins 50 mètres de plat nous commençons déjà la côte au milieu des immeuble de la station, dans une premier temps goudronné,elle laisse la place très vite à une piste puis à une enfilade de chemin qui étire le peloton.
Je cours avec Emilienne car Régis a décidé de faire sa course en tête.
Direction le DROUET soit 9 km d'ascension où je franchi des ruisseaux, où j'aperçois des lacs de montagne (entre autre le lac des estaris à 2650).
La côte est dans un premier temps plus ou moins pentue et nous alternons marche et course tout en faisant bien attention de ne pas nous mettre dans le rouge.
Je suis doublé par quelques coureurs dont les pas me semblent trop rapide !!!
D'un seul coup un mur se présente à nous sanctionnant ainsi la fin de la première difficulté. Nous débouchons sur un plateau avec des passages de neige où nous devons nous frayer un chemin.
Ensuite le parcours devient plus technique avec un chemin en à flanc de montagne qui nous mènera en haut du DROUVET pour le premier ravito.
Pendant ce passage mimi a un peu décroché.
Lorsque je repars du ravito elle arrive. Je luis indique que je démarre tranquillement la descente vers la Rivière du DRAC à 1100.
J'effectue cette descente en souplesse en déroulant et en conservant un allure en plus faible que d'habitude.
Pendant cette descente je suis étonné de voir Régis mais je comprends vite qu'il est blessé. Il ne veut pas que je reste avec lui car il a décidé d'abandonner suite à un début d'entorse au 15e kilomètre.
J'arrive au 2e ravito et indique la Cécile de la situation de Régis afin qu'elle l'attende.
Je repars pour 3 kilomètres de plat dans la vallée où je ressens un peu la douleur de ma cuisse !!!
C'est une petite montée par le rocher du Mézel qui nous revoie à PONT DE FOSSE via le village de ST NICOLAS.
Avec une certaine joie je vois revenir sur moi mimi à qui j'indique que je vais m'arrêter au 3e ravito.
Nous y arrivons ensemble et nous y retrouvons Cécile et Régis.
Finalement je reviens sur ma décision en me disant que je verrai après le 4e ravito car s'annonce maintenant la redouté et redoutable ascension du CUCHON.
Tout commence par un monotrace qui annonce la couleur mais qui bizarrement laisse très vite place à un DFCI.
Avec mimi nous marchons d'un bon pas certainement trop vite pour moi.
Nous doublons des concurrents et alors que nous laissons le DFCI pour un monotrace, nous rattrapons la 2e féminine !!!
Comme dans une étape du tour de France en montagne, nous la déposons au train .... j'aurai du me méfier !!!
Nous sommes maintenant dans un petit groupe et nous nous portons au avant poste.
Là d'un seul coup je sens que je ne suis plus dans le rythme de mimi et du gars qui mène le groupe. Je lâche peu à peu et lors d'une relance je décide de ralentir.
Cela fait déjà plus d'une heure que cette ascension a commencé et je n'en vois pas la fin.
Il s'agît d'un cheminement tortueux au milieu de la forêt, la chaleur est de plus en plus présente dans cette cuvette alors que pourtant nous prenons de l'altitude.
Ma tête me tourne, j'ai des vertiges, j'ai envie de vomir .... je bois, je prends un nouveau gel et je continue.
Je ne suis hélas pas le seul dans ce cas et je fini la grimpette avec un coureur à la ramasse comme moi.
C'est la première fois que je franchi un tel niveau de difficulté lors d'une course !!!
J'arrive au sommet fier de moi et après un passage technique, durant lequel je rejoins mimi, entre des rochers où l'ulisation de ma main courante est conseillée j'arrive à ce 4e ravito.
Cependant à ce poste difficile d'abandonner même si c'est prévu.
Les bénévoles nous rassurent car maintenant c'est de la descente pendant 3 kilomètres.
Mimi est déjà reparti depuis quelques minutes car je reprends le chemin.
Si la descente me repose un peu, je ressens un échauffement sous le talon droit annonciateur d'une ampoule.
Une remontée dans la prairie puis une longue descente sur ROUANNE HAUTE en plein soleil va à nouveau réveiller mes vertiges.
J'arrive au 5e ravito déconfit et content de voir Cécile et Régis.
Une pose est nécessaire (voir vidéo) car ensuite c'est la côte du PIOLIT.
Mimi est déjà loin quand je reprends la course.
Cela commence par des lacets au milieu des mélèzes puis je débouche sur une prairie et quand j'atteins l'avant dernier ravito je viens juste de faire 4 à 5 kilo en presque une heure.
Je suis redoublé par la féminine qui compte maintenant refaire son retard sur mimi.
Nous sommes tous fatigués et nombreux s'arrêteront à ce niveau.
C'est reparti, je vois en haut de la prairie mimi et je me dis que j'aimerai être déjà la bas.
Je vais faire cette dernière parti de course avec 4 autres coureurs et nous allons nous encourager mutuellement. Je pense que c'est l'essence même de ce sport où le seul adversaire c'est soi même.
En haut de la prairie, la vue est splendide et je découvre en contrebas le lac de SERRE-PONCON.
Hélas je lève les yeux et je vois où en tout cas j'aperçois le sommet du PIOLIT, il se dresse devant nous comme un pic rocheux.
Mimi semble peiner et en fait tout le monde peine.
Bizarrement je vais franchir cette ultime difficulté sereinement et quand nous arrivons tous les 4 en haut nous nous félicitons comme si nous avions marqué un but .....
Voilà après c'est la descente longue et technique qui aura comme conséquences d'endolorir mes cuisses, de faire éclore la fameuse ampoule et de me faire rattraper mimi qui est maintenant 3e féminine.
L'arrivée au village après 10h15 d'efforts est pour nous un pur moment de plaisir.
Ensuite rafraîchissement dans la fontaine du village, kiné et retour au camping pour une douche bien méritée.
Quelques chiffres : j'ai bu 9 litres d'eau et il y a eu 95 finisheurs