Grand Raid de Pyrénées 2012
C’est sans trop d’appréhension que je suis arrivé la veille de la course accompagné de ma famille à VIELLE AURE (65) afin de prendre le départ le lendemain matin à la 5e édition du GRAND RAID DES PYRENEES.
Nous qui avions les deux années précédentes fréquentées CHAMONIX et toute l’excitation qui accompagne toutes les éditions de l’UTMB, nous avons été de suite frappé par le calme de cette commune.
Peu d’affiche sur l’évènement par exemple !!
Par contre l’organisation est bien rodée et le retrait du dossard après vérification minutieuse du sac est très bien organisé dans un cadre champêtre.
Nous repartons pour prendre possession de notre logement sur les hauteurs de St LARY SOULAN haut lieu du cyclisme où POULIDOR a réalisé des exploits en son temps.
Nous apercevons au passage de la rubalise du GRP qui nous suivrons demain et qui a été déjà emprunté ce matin par l’ultra. J’ai une pensée pour eux car les chaleurs de ce vendredi 24/08 sont étonnantes à cette altitude.
En fin d’après-midi, nous visitons la très belle commune St LARY qui mérite le détour.
Réveil vers 3h45 en ce samedi matin et Cécile me conduit à VEILLE AURE pour le départ qui sera donné à 5h.
Bien entendu il y a déjà beaucoup de monde sur la place du village et il s’en dégage une atmosphère détendu agréable.
C’est le départ et les premiers partent comme souvent assez vite.
Je me cale dans le premier tiers des concurrents sans partir trop vite car je sais que les premiers kilomètres seront rudes.
Nous sortons du village et c’est déjà la montée qui va faire prendre 1400 D+ en 12 km jusqu’au col de PORTET.
La montée est par moment assez rude et je la gère tranquillement en restant dans mon rythme sans me préoccupé des coureurs qui me doublent (ils sont peu nombreux)
Une courte descente et c’est le premier ravitaillement au milieu des pistes de ski.
Je range la frontale et c’est reparti en direction du col de BASTANET pour 500 D+ de mieux sur à peine 6 km.
Entre temps les premiers lacs de montagne sont là !!! C’est magique et la fatigue est un peu atténuée avec ces belles images.
Je ressens tout de même les premières fatigues car ce début des trail est difficile.
Cette partie du parcours est sans aucun doute la plus technique et les descentes ne sont pas reposantes en mettant les muscles de mes cuisses à rude épreuve.
Je n’arrive pas à suivre la cadence du petit groupe qui me précède depuis plusieurs kilomètres et je préfère le laisser partir pour me refaire une santé car il reste encore beaucoup de chemin.
Artigue au 29e km est atteint après 4h30 de course exactement comme je l’avais indiqué à ma famille pour un premier « coucou ».
Hélas ils seront en retard de 5 minutes mais je ne les verrai un kilomètre après au pied de la deuxième grosse difficulté du parcours qui va me mener au PIC DU MIDI dans 10 km et surtout 1700 D+ en sus.
Nous longeons les Cascades du GARRET où le pourcentage de la pente fait chauffer les cuisses. Un léger faux plat montant puis c’est l’ascension vers le col de SECOURS où un accueil digne du tour de France réchauffe le cœur.
Dans cette partie je refais mon retard sur de nombreux coureurs à la peine et je discute longuement avec « DANIEL » coureur VH2 local (3e en 2011) bien sympa avec qui je vais rester pratiquement jusqu’à la fin de l’épreuve (même si dès fois nous avons été quelques temps séparé par une côte ou une descente).
Ce ravitaillement est le bienvenu car je dois me restaurer et remplir mes réserves d’eau.
Le PIC DU MIDI est là, il joue à cache cache dans la brume.
Je prends mon temps car cela fait presque deux heures que je monte !!!
La première féminine arrive et hop repars aussitôt avec simplement une banane en poche. (Impressionnant)
Je pars derrière elle et au bout 200 ou 300 mètres je vois un coureur qui redescend (nous faisons un aller retour entre le point culminant et le col du Sencours), il s’agît du futur deuxième car DAWA SHERPA est déjà passé depuis bien longtemps.
Au début c’est une piste large qui nous est offerte mais ai fil et à mesure que je me rapproche du somment le chemin devient de plus en plus étroit pour finir en monotrace ce qui rend les croisements avec les coureurs qui descendent de plus en plus délicat.
Enfin le sommet est là mais j’avoue que les derniers mètres auront été très durs.
Hélas je ne profiterais pas de la vue car le brouillard est bien présent. La deuxième féminine m’a rattrapée.
Enfin de la descente et c’est à mon tour de croiser les coureurs qui grimpent vers le sommet.
Je repasse au col de SENCOURS et refait le plein une nouvelle fois.
Cette descente parfois roulant par fois technique tout d’abord vers le lac d’ONCET puis vers TOURNABOUP va durer 7 km.
J’y retrouve ma famille pour un nouveau ravitaillement en solide.
Dans ma tête si je passe la prochaine difficulté, le tour est joué !!!
Aussi c’est plein de détermination que je me lance vers le col de BAREGES où j’aimerai passer avant la pluie annoncée.
Les 8 km avec 1000 D+ qui m’en sépare sont en deux parties.
Au début la pente est raisonnable jusqu’à la cabane d’AYGUES CLUSES avec son ravitaillement en eau puis une énorme côte sur 1,5 km !!!
Dans ces deux passages je suis en compagnie d’un petit groupe mais dans les derniers 100 mètres comme au PIC DU MIDI je ralenti afin de ne pas exploser.
Sage décision car je les rattrape tous dans la descente qui suit.
Maintenant je sais que je vais finir mais à quelle place et surtout, est-ce que je vais respecter mon objectif de temps annoncé entre 13 et 15h.
Je dois encore passer à nouveau le Col de PORTET cette fois sous la pluie et dans le brouillard puis descendre 12 km avec 1400 D- !!!
Au début je respecte une vitesse moyenne afin de pouvoir tenir ce dernier challenge et je retrouve une nouvelle fois DANIEL.
Nous faisons un dernier bout de chemin ensemble mais comme depuis le matin, je le lâche dans la descente (il est meilleur que moi en montée) après une photo commune prise par Cécile à Espiaube.
Je l’encourage mais je sens qu’il lâche et petit à petite je déroule de mieux en mieux.
Je double quelques coureurs et je fini fort sur le plat lors de l’entrée dans le village où une foule importante est venue nous accueillir.
Je fini en 13h44 soit la 52e place au général !!! Je suis étonné de cette position.
L’ambiance de l’arrivée est au diapason de l’épreuve, à la fois bien organisée avec une dimension humaine toujours mise en avant.
Cette épreuve restera un bon souvenir, je la qualifierai de technique, rude avec des passages pittoresque au milieu de nombreux troupeaux dans des vallées souvent inaccessible.
L’accueil des bénévoles si souvent vanté un peu à tort par des organisateurs y est ici développé à son extrême.