ccc 2011
Comme d’habitude, le réveil matinal est difficile pour moi. Heureusement que depuis deux jours je prépare mon sac car ce matin j’ai juste le temps de boire un café et de m’habiller avant que nous prenions la route en direction de Chamonix où nous devons prendre le bus vers 8h15.
Arrivés sur place vers 7h50, nous constatons sans surprise que nous ne sommes pas seul (sic) mais aussi que l’organisation s’est amélioré par rapport à l’an passé.
Plusieurs files d’attentes sont prévues en fonction des heures de départ.
Nous embarquons dans notre bus direction Courmayeur via le tunnel de MONT BLANC. J’essaye de fermer les yeux pendant le trajet sans pouvoir totalement me détendre.
Arrivé sur place, il y règne une gentil « bordel » multicolore qui ressemble à une fourmilière. Je retrouve ALAIN G. et lui propose de se joindre à nous.
Une rumeur de changement de parcours du aux conditions climatiques prévues circule parmi les coureurs….
Le départ approchant nous nous dirigeons vers la ligne de départ afin de prendre place dans nos différents sas puisque cette année il y aura en fait trois départs successifs espacés de 10 minutes afin de permettre au peloton de s’étirer avant le premier monotrace.
Je prends place et je vais attendre 40 minutes mon tour.
L’annonce officielle du changement de parcours arrive par SMS sur les portables puis le speaker confirme que le début et la fin de cette édition de la CCC est modifié.
Cette dernière n’a pas pour autant une course au rabais puisqu’il nous est indiqué que nous allons courir 93 km et 5100 D+ !!!
La musique officielle de l’UTMB commence et la première vague démarre … la tension mont et je dois attendre 10 longues minutes avant de pouvoir faire mes premières foulées.
Je démarre enfin et comme d’habitude le départ se fait sur un rythme élevé, presque comme si nous partions pour une courte distance.
La traversée de Courmayeur est très animée avec de la musique et des groupes folkloriques.
Je suis toujours sur un rythme élevé lorsque je rattrape les premiers coureurs partis dix minutes plutôt.
Malgré les départs étalés un bouchon se forme dès les premiers lacets du col en direction du refuge Bertone. Pendant cette montée je suis rejoins puis dépassé par Jérome D. que je ne cherche pas à suivre. J’atteints le sommet en 56 minutes.
Pendant la descente puis la montée vers le refuge Bonatti je rattrape Jérome et nous filons ensemble pendant quelques kilomètres.
Comme j’arrive à Bonatti, je vois Alain (parti dans la première vague) en repartir et je me dis que je suis peut-être parti un peu trop vite.
Je décide donc de lever le pied et je profite du paysage en faisant également quelques vidéos et photos.
La descente vers Arnuva est toujours aussi sympa et les spectateurs dans le final sont très chaleureux.
Je me ravitaille un peu et je repars aussitôt avec Alain pour affronter (terme me semble approprier) le Grand col Ferret.
Comme l’an passé les premières vues de cette montée sont impressionnantes tant le dénivelé est important sur une si courte distance.
Je prends alors les mêmes dispositions que l’an dernier, je me mets en rythme et ne m’occupe pas des autres concurrents qui pourraient me doubler.
Ils sont en fait peu nombreux au début et c’est plutôt moi qui procède à quelques dépassements sans hausser ma vitesse.
Alain est juste derrière moi mais vers la fin de cette montée je paye un peu mon début de course rapide ce qui était prévisible.
Je gère ce moment difficile sans m’arrêter et en pensant à des souvenirs joyeux.
Ouf c’est le sommet (3h40) et après un arrêt « pipi », j’entame la longue descente vers la Fouly qui annonce non entrée en Suisse.
Je profite de cette descente pour rattraper des concurrents tout en n’oubliant pas de discuter avec d’autres coureurs et même certains spectateurs.
Le paysage est majestueux, les monotraces qui serpentent le long des montagnes s’enchaînent avec en toile de fond des glaciers, des prairies ….
Au cours de cette descente, je ressens un gêne sous mon talon droit et je pense que c’est une ampoule qui se forme (diagnostic exact). Cette dernière a du se former à cause de mon lacet de chaussure trop lâche mais hélas adapté à la douleur de mon gros orteil que je traîne depuis au moins trois mois.
Un désordre gastrique commence également à me gêner.
Je rattrape Michel R. un autre Orsannais parti lui aussi dans la première vague.
Avant d’arriver au ravito, j’aperçois un de mes fils ce qui m’informe de la présence de ma famille et donc d’un réconfort moral non négligeable.
La Fouly est en vue après 5h00 de course et je m’y arrête que 5 minutes car je me sens bien.
Un bisou à la famille qui déploie une banderole pour m’encourager et c’est reparti.
Je traverse de superbe village Suisse, les habitants nous encouragent, c’est super.
Je discute avec un Kikou qui est venu faire le trail du Camp de César.
Des ravitos d’eau non officiels mais proposés par des enfants égrainent le parcours, ils sont très contents et je m’forcent de m’arrêter à tous pour les remercier de leur gentillesse.
Le gros ravito de Champex sera rejoins en 6H49.
J’y retrouve ma famille et tout en prenant le temps d’un léger repas, je refais le plein de gel.
Je retrouve Alain qui repars pratiquement quand je m’assois.
Je dois aller au WC avant de repartir ce qui rallonge mon arrêt à 20 minutes (un bien pour un mal)
A partir de là, le parcours est nouveau. La descente vers Martigny est très technique au début et mes cuisses commencent à bien chauffer.
Mon ampoule me gène de plus en plus surtout en descente.
Avant ce nouveau ravito nous restons à flan de montagne en enchainant des montées et descentes. Nous traversons également des vignes en coteaux.
Un coureur m’annonce que nous allons attaquer une grosse difficulté avec 1000 D+ et 400 D- pour rejoindre Trient.
Au début nous sommes sur des petites routes goudronnées et j’aperçois à nouveau Alain en compagnie d’un coureur d’Annecy (Nico).
Nous restons ensemble et nous bavardons tout en montant.
Un monotrace droit dans la pente se profile, Nico mène le train …. et quel train, nous doublons des coureurs comme dit Alain, « on envoie du lourd » dans ce col de Forclaz.
La pluie a fait son apparition mais nous restons en tee-shirt car il fait chaud et lourd.
Alors qu’il reste 300 D+, nous décidons de nous équiper de nos frontales, Nico reprend son rythme mais nous le laissons partir pour ne pas risquer d’exploser.
Je retrouve aussi pour la 2e fois Florent (ELCAP) et toute sa famille qui nous encourage…
La descente qui suit est technique en monotrace et en plus glissante car la pluie s’est renforcée.
Trient (10h38), nous nous arrêtons 8 minutes en tout, le temps de nous équiper pour la pluie et prendre une énième soupe.
Nous restons tout les deux et j’avoue que j’apprends beaucoup au contact d’Alain qui relance quand il faut, il faut dire que son expérience parle pour lui (2 UTMB et 8 Diagonale).
Rien de spécial jusqu’à Vallorcine (12h23) où je me sens très bien malgré les conditions de moins en moins bonnes.
Je refais mon sac rapidement et nous repartons (il me semble apercevoir Nico arrêté avec son fan club) sous la pluie pour une partie goudronnée d’abord en ligne droite puis en montée.
Nous payons à ce moment là, notre montée rapide de col de Forclaz car nous sommes dépasser par quelques coureurs alors qu’il nous semble que nous avons un bon rythme.
Je retraverse un moment délicat qui passe dès que nous retrouvons une partie descendante où nous rattrapons tous les coureurs qui venaient de nous doubler.
L’Argentière (13h25) est un ravito où nous ne faisons que passer car il reste normalement moins de dix kilomètres sans difficulté.
C’est exact sur le début même si les parties en descente sont techniques et font mal aux cuisses, une dernière surprise arrive … une montée raide. Nous franchissons cet obstacle sous la pluie et reprenons la descente qui semble une éternité.
C’est enfin nous entrée dans Chamonix et nous savourons les encouragements des spectateurs encore nombreux vers 1h du matin…
La ligne d’arrivée apparaît au détour d’un coin de rue, nous marchons vers elle avec la satisfaction d’en finir et le sentiment d’avoir bien tourné sans avoir souffert.
Nous apprenons que nous sommes dans les 150 premiers alors que nous pensions être dans les 300 !!!
Nous recevons la veste FINISHER.
Ce n’est que le lendemain que je connaîtrais mon temps officiel 14h46 et ma place 138 e (34e V1)
Le tout revu en images ....